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L’embauche d’un travailleur immigrant
article 2 de 2

Je souhaite recruter à l’étranger
ou
Je souhaite recruter une personne en particulier qui n’a pas de statut l’autorisant à travailler pour vous (voir article 1)

Cet article fait suite au premier de cette série, dans lequel nous vous expliquions dans quelles circonstances un employeur peut immédiatement recruter un candidat issu de l’immigration, sans aucune démarche requise de sa part.

Dans cette deuxième partie de notre entrevue avec Caroline Morin, consultante en immigration à Objectif Terre, membre du Conseil de réglementation des consultants en immigration du Canada et membre du Registre québécois des consultants en immigration, celle-ci nous explique quelles sont les démarches à envisager lorsqu’un employeur souhaite recruter une personne n’ayant pas la résidence permanente, pas de visa de travail ouvert ou pas de statut d’étudiant (pour un emploi à temps partiel).

Il est important de le souligner: les informations contenues dans cet article ne constituent pas un avis légal. Il s’agit d’un résumé général, et chaque situation est particulière, il y a des exceptions, des exemptions, des changements… En cas de doute sur une situation spécifique, n’hésitez pas à faire appel à un consultant spécialisé en immigration!

Situation 2 : Je souhaite embaucher une personne précise, non canadienne, et n’ayant aucun des statuts qui me permettrait de la recruter immédiatement
OU : je souhaite recruter à l’étranger car je ne trouve aucun employé ayant les compétences recherchées au Québec

Caroline Morin : Lorsqu’un employeur souhaite activement recruter une personne immigrante (recrutement à l’étranger ou une personne choisie qui n’a pas de statut l’autorisant à travailler au Québec), c’est à lui que revient la responsabilité de faire les démarches et de payer les frais gouvernementaux. Il est alors très important de préciser que l’employeur ne peut pas recouvrir ces frais auprès de l’employé, directement ou indirectement. Même lorsqu’un travailleur étranger est intéressé à venir au Québec, et va jusqu’à offrir à l’employeur de payer ces frais, l’employeur n’a pas le droit de le faire.

Pour recruter un travailleur étranger, chaque cas est différent. Il existe des programmes d’immigration longs et couteux, d’autres plus simples et rapides. Pour les programmes réguliers, on parle d’environ 6 mois en moyenne, dans tous les cas un minimum de trois mois. Il faut aussi envisager une dépense de 7 à 8 000 $ tout compris (incluant le recrutement). Dans le cas de procédures plus simples, il peut être question de quelques semaines seulement, mais ce ne sont pas toutes les personnes qui sont admissibles.

Quelques exemples de processus simplifiés

Dans les processus plus simples, il y a un programme particulier qui s’appelle Expérience Internationale Canada, et il y a 3 sous-catégories. Il y a le Programme Vacances-Travail (PVT), Stage coop international et Jeunes professionnels. Si la personne rentre dans les critères de l’un de ces programmes, elle pourrait obtenir un permis de travail, qui ne devrait pas être trop long ou coûteux à obtenir. Par contre il y a plusieurs facteurs à prendre en compte:

– Il est possible d’obtenir un PVT, mais c’est un programme très populaire, limité par des quotas. Les inscriptions s’ouvrent à un moment précis, et très rapidement il n’y en a plus de places de disponibles.
– Stage coop international s’adresse seulement à des gens qui sont étudiants dans leur pays d’origine et qui viendraient travailler pour leur stage.
– Jeune professionnel est le plus utilisé, puisqu’il permet à un jeune de venir travailler ici jusqu’à 24 mois. Là encore, de nombreuses circonstances particulières peuvent limiter les possibilités. Chaque pays a ses critères quant à l’âge. Dans certains pays, ce programme est possible de 18 à 35 ans, pour d’autres, ce peut être 18 à 25 ans…

De plus, ce ne sont pas tous les pays qui peuvent participer à ces programmes! Ils concernent principalement les pays européens. Par exemple pour les Français, les autorisations sont relativement faciles à obtenir, mais il y a tellement d’exceptions, d’exemptions, selon les pays, selon la personne… c’est du cas par cas et il vous faudra probablement l’aide d’un spécialiste pour vérifier que ces programmes concernent votre situation.

Passer par un processus régulier

Quand on parle de processus régulier, il y a tout un processus à respecter. La première étape est souvent un EIMT, c’est-à-dire une étude d’impact sur le marché du travail : l’employeur doit démontrer qu’il a fait l’effort d’essayer de recruter ici, sauf s’il fait partie des 28 professions en traitement simplifié. Toutefois, il est important d’anticiper les démarches et de se renseigner avant d’afficher l’offre, car il ne suffit pas de mettre l’offre en ligne: il faut l’afficher selon de nombreux critères, et démontrer ce qui a été fait pour tous les candidats qui ont postulé, en justifiant pourquoi ils n’ont pas été retenus.

Il faut aussi être conscient qu’on ne peut pas offrir n’importe quel salaire à n’importe qui. Il y a des normes salariales à respecter, on ne peut pas importer du cheap labor. Au niveau des coûts, une EIMT représente 1 000 $ par travailleur uniquement en frais gouvernementaux, et non-remboursable quelle que soit la réponse du MIDI (ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion). Il faut aussi tenir compte du fait que ce sont des processus complexes, qui demandent de l’investissement de la part des employeurs, notamment pour préparer tous les documents nécessaires.

Donc quand on veut embaucher un travailleur, il faut tout de suite faire appel à un conseiller pour ne pas perdre son énergie. Attention toutefois, ce n’est pas tout le monde qui peut vous conseiller en matière d’immigration !

Avez-vous pensé à la régionalisation ?

Toutes ces démarches et ces frais peuvent paraître décourageants. Pourtant, même lorsque vous ne trouvez pas de main d’œuvre dans votre région, de nombreuses personnes immigrantes, qualifiées et ayant déjà un statut légal les autorisant à travailler sont à la recherche d’un emploi dans leur domaine. À Montréal en particulier, où se concentre une grande portion de l’immigration.

Il est important de savoir que de nombreux programmes travaillent, souvent de concert, à faire venir en région des personnes immigrantes qui vivent par exemple à Montréal. Le PRI et l’Estrie vous Engage, j’Adopte l’Estrie ou Place aux Jeunes en région sont autant d’exemple d’interlocuteurs qui peuvent vous aider à accéder à ce bassin de travailleurs et les inciter à s’installer en Estrie. Des programmes similaires existent dans de nombreuses régions!

 

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