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L’embauche d’un travailleur immigrant
Article 1 de 2

Un candidat immigrant a appliqué à mon offre d’emploi!

Malgré la pénurie de main d’œuvre, les employeurs québécois sont parfois frileux à embaucher des personnes immigrantes et des travailleurs temporaires. Entre de nombreuses causes possibles, il faut dire que l’information sur le statut d’un travailleur immigrant n’est pas toujours claire pour tous les employeurs, ce qui peut parfois occasionner des résistances injustifiées, par crainte de complication.

Quelles questions peut-on poser en entretien ? Aura-t-on de la paperasse à faire, des choses à payer ? Peut-on s’assurer que la personne sera en mesure de travailler pour toute la durée de son contrat ?

Nous allons essayer de répondre à toutes ces questions, en simplifiant au maximum, et selon différentes situations, à travers 2 articles. Pour ce faire, nous allons profiter des lumières de Caroline Morin, consultante en immigration à Objectif Terre, membre du Conseil de réglementation des consultants en immigration du Canada et membre du Registre québécois des consultants en immigration.

Il est important de le souligner: les informations contenues dans cet article ne constituent pas un avis légal. Il s’agit d’un résumé général, et chaque situation est particulière, il y a des exceptions, des exemptions, des changements… En cas de doute sur une situation spécifique, n’hésitez pas à faire appel à un consultant spécialisé en immigration!

 

 

SITUATION 1 : J’ai affiché une offre d’emploi et j’ai face à moi un candidat donc je pense qu’il est immigrant (par exemple scolarité et expérience professionnelles à l’étranger).

Caroline Morin : Au niveau légal, il faut différencier les statuts des personnes immigrantes : il y a des statuts permanents et temporaires. Une personne ayant un statut de résident permanent, peu importe qu’elle vienne juste d’arriver au Québec, a les même droits qu’un citoyen en matière d’emploi, la seule différence c’est qu’il n’a pas le droit de voter et n’a pas de passeport canadien. La personne immigrante présente depuis plus longtemps peut aussi avoir acquis la citoyenneté canadienne.

La personne immigrante peut aussi avoir un statut temporaire, auquel cas il faut lui demander plus de précision. Pour être travailleur temporaire, il faut obtenir un permis de travail. Ce permis peut être ouvert ou fermé. S’il est fermé la personne ne peut travailler que pour un seul employeur, mais s’il est ouvert la personne peut travailler pour n’importe quel employeur.

Pour ce qui est des questions que l’on peut poser en entrevue, les règles des normes du travail au Québec font que l’on ne peut demander l’âge, la religion ou l’ethnie d’une personne, on ne peut rien demander qui soit discriminatoire. Néanmoins on peut tout à fait demander au candidat s’il a un statut permanent ou temporaire. S’il a un statut permanent, il n’y a aucun problème. S’il a un statut temporaire, il peut être visiteur, travailleur ou étudiant.

S’il est travailleur, et qu’il a un permis ouvert, il peut être embauché immédiatement. Si c’est un étudiant, il peut être embauché immédiatement pour un contrat de 20h par semaine ou moins.

En revanche, dans le cas d’un permis de travail fermé, le travailleur pourrait faire des démarches pour changer d’employeur mais c’est un processus plutôt long. Il peut également arriver qu’une personne se présente en entretien et soit simplement sur le territoire en tant que visiteur. Il faudra alors faire des démarches : ce n’est pas parce que quelqu’un est sur le territoire qu’il a le droit de travailler. Engager cette personne impliquera des démarches et il vaut mieux alors vous faire conseiller.

Pour ce qui est de la durée du permis, que ce soit pour un étudiant ou un travailleur temporaire, le séjour au Québec n’est pas forcément limité à la durée du permis. Dans le cas d’un statut temporaire, vous pouvez valider avec le candidat s’il est en mesure d’assurer sa présence pour l’ensemble du mandat. Il faut savoir que le fait de travailler au Québec donne accès à des programmes de demande de résidence permanente simplifiés et accélérés. Le travailleur peut alors accéder à un statut permanent au cours de son emploi. De même de nombreux étudiants ont accès à la fin de leur programme d’études universitaire à un permis de travail ouvert, et peuvent demander la résidence permanente.

Dans ces deux situations, la demande de résidence permanente est la responsabilité de l’employé, l’employeur n’a aucune obligation d’y participer (il peut s’il souhaite améliorer la rétention de l’employé, mais c’est sa propre décision). De même, l’employeur ne peut pas exercer de pression sur l’employé pour que celui-ci fasse sa demande de résidence permanente.

Donc ces 3 situations (statut permanent, statut temporaire avec permis de travail ouvert et étudiant pour un contrat de 20h/semaine ou moins) ne demandent aucune démarche de l’employeur et permettent une embauche immédiate.

Notre prochain article vous permettra d’en savoir plus sur les démarches à envisager pour recruter une personne immigrante qui ne possède aucun de ces statuts.

 

Nota bene: subventions salariales

  • Un résident permanent a accès à la plupart des subventions salariales classiques
  • Le programme PRIIME peut vous permettre de couvrir une partie du salaire d’un employé résident permanent lorsque vous lui offrez une première expérience professionnelle dans son domaine au Québec
  • D’autres aides financières ou programmes d’accompagnement peuvent s’appliquer, que ce soit pour des cours de francisation, des équivalences… N’hésitez pas à faire appel à des ressources dans votre région pour savoir quelles aides vous sont accessibles! Si vous êtes en Estrie et ne savez pas à qui vous adresser, contactez Uma, nous saurons vous aiguiller!

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